La valise du pèlerin

Deux étoiles avancent dans la nuit et s'arrêtent aux pieds de mon logis.

L'estafette chargée de biens précieux me dépose un baluchon poussiéreux.

Comme un enfant ébaubi devant un présent, j'ouvre ce sac attendu impatiemment.

Une fois écarté un paquet de linge encrassé sans intérêt,

Plus qu'un simple bagage, s'étale sous mes yeux un témoignage :

deux cailloux à l'éclat simple et coloré comme les beautés de ces paysages arides et inhabités

une poignée de sable du désert, comme autant de pèlerins allant semer la bonne parole sur terre,  

une fiole d'eau du Jourdain, pour chaque jour renouveler sa foi et son entrain,

une faïence de Tabgha qui à défaut de multiplier le pain, servira l'apéro aux copains,

un rameau du mont des oliviers, symbole de la force de l'amitié,

des croix de Jérusalem à offrir à ceux que j'aime,

des objets pieux pour aider ceux qui les recevront à louer Dieu,

un carnet de chants noirci d'écrits plus ou moins savants, mémoire de moments de louanges et d'enseignements,

une Bible devenue illustrée, vrai trésor d'espérance à puiser, d'amour à donner,

et un châle en cachemire du souk multiculturel, souvenir d'un chemin de Croix éternel.

Tous ces souvenirs très présents allègent mes pas pour aller partager cette grande joie

rapportée de ces lieux dont le seul nom "Terre Sainte" fait briller les yeux des plus vieux.