Le temps suspendu

mardi 13 mars

Plus de jour depuis plusieurs jours, plus d’heures dans la journée, plus de verbes conjugués, le temps comme suspendu depuis son départ vers d’autres cieux.

Des temps partagés si étranges et forts,

L’émotion douloureuse de la nouvelle qui clôt une page de notre vie, le silence de la chambre d’hôpital et les visages de circonstances du personnel attentionné

Les yeux rougis des uns le matin, la nausée des autres, mais la douceur du cocon familial. L’action pour réconfort, ces moments très forts d’amour fraternel, ces préparatifs multiples qui font oublier la douleur du sujet qui nous rassemble.

L’image de son visage de gisant dormant, beau et détendu, avec son éternel nœud-papillon, une esquisse de sourire, et ses belles longues mains croisées sur le chapelet.

Les hommes gris sans sourire qui s’activent silencieusement en un ballet bien réglé, l’adieu au visage.

Les émotions qui se bousculent sur le parvis de l’église, les amis, les cousins chéris, la famille, les inconnus qui le connaissaient, moments forts de partages avec chacun, témoignages magnifiques sur l’homme qu’il était.

La cérémonie autour de lui, les prières réconfortantes, les mots gentils, les larmes de ses petites-filles, les dessins des petits posés sur le cercueil qui descend solennellement, les fleurs pour le garder avec nous encore quelques jours, les fleurs pour nous rappeler que c’était son heure.

Les souvenirs que l’on tricote ensemble autour de la table, la nausée qui s’estompe, les larmes qui s’assèchent petit à petit,

Tout cet amour pendant quelques jours, tout cet amour et la présence réconfortante de ceux qu’on aime, Merci à vous tous ! Pour votre amour infini chère famille, sorte de châle de douceur sur nos épaules. Pour vos encouragements et votre belle amitié chers amis, ribambelle fleurie qui égaye la vie, Pour la musique de vos mots chaleureux qui nous a portés tel un chant de louange mélodieux. Pour vos nombreuses prières comme autant de lumignons illuminant nos vies dans ces jours gris. Merci !

Aujourd’hui débute la solitude de sa veuve et cette sensation douloureuse de ne plus exister, le vrai départ, celui de l’absence qui commence, l’avenir à réinventer sans lui, mais nos pensées et nos bras toujours là pour t’entourer petite maman. 

Aujourd’hui la vie nous reprend, le temps atterrit vers un mardi.

 

deuil

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